Salomon Mbutcho ecrivain et batisseur

Salomon Mbutcho

  • Accueil
  • >
  • Presse en ligne
  • >
  • Immobilier : Mbutcho Salomon du groupe « Un Burkinabè, un toit » répond au ministère de l’urbanisme et de l’habitat
Togo-Fin-des-litiges-et-problemes-fonciers-Partie-III-3
Togo : Fin des litiges et problèmes fonciers (Partie III)
Togo-Fin-des-litiges-et-problemes-fonciers-Partie-II-1
Togo : Fin des litiges et problèmes fonciers (Partie II)
Togo-Fin-des-litiges-et-problemes-fonciers-Partie-I
Togo : Fin des litiges et problèmes fonciers (Partie I)
salomon-mbutcho4-e1654722351191
Salomon Mbutcho on a crusade against prejudices about real estate
commandment-of-real-estate
The ten commandments of real estate – Salomon Mbutcho

Immobilier : Mbutcho Salomon du groupe « Un Burkinabè, un toit » répond au ministère de l’urbanisme et de l’habitat

Dans un communiqué en date du 10 mars 2017, le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat informait l’opinion que Mbutcho Salomon du groupe « Un Burkinabé, Un toit » ne disposait pas « d’agrément » pour l’exercice de la promotion immobilière au Burkina Faso. A la suite de ce communiqué, nous avons rencontré le principal intéressé, le lundi 27 mars dernier. Dans l’entretien ci-après, Mbutcho Salomon affirme que c’est le ministère qui « nous a invités ici et il a voulu que nous initiions ce projet ici au Burkina Faso avec eux ». Il dit ne pas comprendre la réaction du département de Dieudonné Bonanet car une demande d’agrément a été déposée, il y a quelques jours, auprès des services compétents. « Nous ne sommes pas dans une dynamique de combat car « si combat il y a, le plus grand perdant sera la clientèle », a-t-il confié. Lisez plutôt.

Lefaso.net : Parlez-nous de la création de ce groupe et de ses ambitions ?

M.S : Nous avons commencé en 2009 avec le Groupe SCAC Afrique. Cette société a été créée pour aider les Sénégalais à accéder au logement sans apport personnel, sans garantie. C’était suite à un appel qu’avait fait le président de la République, Me Abdoulaye Wade, demandant à tous les Sénégalais de revenir chez eux pour participer au développement de leur nation. Nous avons donc créé le Groupe SCAC au Sénégal et nous avons réussi à avoir 58 000 parcelles et nous avons fait adhérer 7000 clients à ce projet qui marchait très bien.

Le seul problème au Sénégal : la nomenclature était très compliquée et faisait que les papiers tardaient à venir. La société continuant toujours à grandir, nous sommes allés nous installer au Cameroun, au Ghana et dans d’autres pays. Nous avons vu par la suite que tous les pays rencontraient ce même type de problème. Certains finissent de payer, chez nous tout est fait, mais les clients ont du mal à avoir les papiers du côté de l’Etat. Nous avons alors décidé de créer un module de fonctionnement qui permet à l’Etat de s’approprier le projet. Nous le formons pendant un an pour qu’il soit propriétaire et acteur de ce rêve africain.

Lefaso.net : Comment vous êtes-vous implanté au Burkina Faso ?

M.S : En janvier 2016, nous avons créé le Groupe « Un Africain, un toit » qui est le Manager du module. Quand nous sommes arrivés, le 17 janvier 2017, suite à l’invitation du ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Dieudonné Bonanet, tout s’est très bien passé, il était question que nous vendions à l’Etat un package de 5 millions de dollars.

L’Etat nous a suggéré d’aller en privé, de continuer le projet avec leur soutien technique et administratif. Nous avons décidé avec le directeur général, Mana Louis Arnaud, et le directeur marketing, Traoré Ismaël, de continuer ce projet et de le mettre en place sur l’étendue du territoire national.

A travers notre système, nous voulons permettre à chaque Burkinabè d’accéder à un toit sans apport personnel et sans garantie. Cette capacité de réaliser ce projet nous a mis en pôle position même si certaines personnes essayent de nous mettre des bâtons dans les roues.

Lefaso.net : Qui sont ces gens ?

M.S : (Rires) Je ne sais pas. Je ne veux pas commencer à spéculer par rapport à qui est en train de faire quoi. Le Seigneur a fait que les ténors de l’immobilier qui étaient et sont encore dans ce pays ont frayé le passage pour que les nouveaux puissent entrer. Nous ne nous voyons pas en tant que concurrent. Mais nous nous voyons plus en tant que « pont ». Nous prenons un client qui achète un terrain à Doulougou en payant 10 000 F CFA par mois pendant une dizaine d’années. A un moment, avec ses papiers, il devient quelqu’un de solvable.

Quand il le devient et que Dieu fait que ses conditions s’améliorent, il peut obtenir un prêt bancaire dans la mesure où il a une garantie qui est sa terre. Il en va ainsi pour toute personne à tous les niveaux de l’échelle sociale. Nous n’allons pas ramener les riches vers le bas, mais nous allons amener les plus démunis vers le haut et réduire le fossé entre les riches et les pauvres. Mon père m’a toujours dit « Tu ne seras personne si tu n’as pas d’impact dans la vie des autres ».

Lefaso.net : Comment avez-vous été accueilli dans les autres pays ?

M.S : C’est au pied du mur que l’on reconnaît le bon maçon. Nous avons été très bien accueillis dans tous les autres pays. Le président camerounais Paul Biya n’a pas eu le temps de nous recevoir, mais son ministre de l’urbanisme, oui. Il nous a très bien reçus et il a bien épousé notre idée à ce temps-là. Il y a le président Idriss Déby qui est en train d’être contacté par nos équipes et il doit nous recevoir sous très peu. Je rentre bientôt à Ottawa (Canada) avant de revenir à N’Djamena. Nous allons mettre sur pieds « Un Tchadien, un toit ». Nous voulons accompagner les gouvernements. Nous avons les bailleurs de fonds disponibles et l’expertise pour réaliser ce type de projets.

Nous rencontrons quelques fois des problèmes de nomenclatures administratives. Souvent vers la fin des procédures, les clients sont bloqués à cause de la lenteur de l’administration à fournir les documents nécessaires d’où la nécessité qu’ils soient accompagnés par le gouvernement puisque c’est lui qui signe. Si c’était nous qui signions, il y a longtemps que l’affaire était réglée.

Lefaso.net : A qui la faute ? Le système francophone ou les hommes ?

M.S : C’est le système francophone qui est fautif. Je ne sais pas comment cela va se passer avec le guichet unique sur le foncier que je salue au passage. Au Cameroun, en six mois tu as ton titre foncier en main. C’est ce genre de système que l’on doit créer pour lubrifier la machine. Si on ne sert pas le peuple aujourd’hui en immobilier, si on ne lui permet pas d’avoir accès aux choses de tous les jours, d’avoir un prêt bancaire pour régler ceci ou cela, ça sera compliqué. Certes, il ne faut pas prêter trop d’argent parce qu’il faut responsabiliser les populations financièrement, mais il faut quand même qu’elles aient ce petit choix d’accéder au minimum vital en temps et en heure. Le Burkinabè est très responsable.

Lefaso.net : Comment avance le projet actuellement au Burkina ?


M.S : Il avance très bien. Comme je vous le disais tout à l’heure, en tant que Franco- Sénégalais, les affaires d’agrément n’existaient pas chez nous. Il faut juste être propriétaire terrien d’abord. C’est le premier ingrédient qui y justifie la capacité de quelqu’un à être un promoteur immobilier. Quand nous sommes venus ici, c’est la première chose que nous avons commencé à faire. C’est négocier et acquérir les terres, négocier partout, faire des partenariats avec les villageois là où ils ont besoin de centres de santé, de ceci ou de cela. Parfois, ils ont besoin de villas ou juste des parcelles. Il y en a qui ne veulent rien du tout, mais qui veulent juste leur argent ; on voit du tout, mais on avance. Et nous avons passé notre temps à faire cela pendant les deux derniers mois. Nous avons aussi répondu aux exigences du ministère de l’Urbanisme et de l’habitat et déposé notre dossier pour l’obtention de l’agrément.

Quand mes collaborateurs ici auront atteint leur quota, et mis de côté des réserves foncières, ils vont commencer les terrassements et les viabilisations. Ils sont obligés de continuer à accélérer le processus d’acquisition de terres parce qu’on commence à trop nous connaître. Si on attend d’être trop connus avant d’acquérir les terres, elles vont nous coûter quatre à cinq fois plus cher. Après le terrassement, il y aura le bornage et le nichage, puis les installations diverses y compris VRD (voies et réseaux divers) à l’issue desquels on va appeler les clients pour leur montrer les parcelles.

Après Ouagadougou, nous allons passer à la phase de Bobo-Dioulasso. Nous allons y ouvrir une agence, tout comme à Ouahigouya et à Koudougou aussi. Nous avons discuté avec des institutions financières de la place à qui on a imposé des conditions extraordinaires qu’elles ont acceptées pour aider les Burkinabè. C’est-à-dire qu’en dehors de nos fonds, il y a des fonds ici qui appartiennent à des institutions financières burkinabè que je ne citerai pas, mais qui sont prêtes à accompagner les domestiques, les chauffeurs et tout le monde.

Lefaso.net : Avez-vous effectué un recensement ?

M.S : Quand nous sommes venus, il était question d’abord que l’Etat achète le projet. Donc, nous n’avions pas fait d’études de marché. Mais, lorsque l’Etat nous a suggéré d’aller en privé, nous avons alors fait une étude de marché et informé le Premier ministre, le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, le ministre de l’Economie, le président de l’Assemblée nationale, le gouverneur du Centre, le maire de Ouagadougou, de notre intention de commencer le recensement.

Nous avons donc commencé le recensement en disant aux clients ce qu’on comptait faire. La réponse a été extraordinaire. Ils sont venus s’enregistrer. Nous avons une grosse base de données. Le coup de sifflet dans les journaux n’a surpris aucun des clients. Quand ils ont appelé pour venir faire des compléments de dossier ou finaliser la transaction, on leur a dit qu’on ne pouvait pas et qu’ils devaient nous donner quelques jours, le temps que nous déposions la demande d’agrément.


Nous ne sommes pas dans une dynamique de combat avec qui que ce soit, mais nous sommes là pour apporter notre contribution au développement économique et social du Burkina en permettant à chaque Burkinabè d’accéder à un toit, toutes couches sociales confondues.

Le besoin de se loger est tellement immense… J’aurais aimé que vous passiez une journée dans notre agence de Ouaga 2000. Vous verrez comment les gens sont heureux et soulagés qu’un tel projet ait vu le jour. La mise en place et la continuité de ce projet requerront d’importantes levées de fonds au fur et à mesure de l’avancée du projet.

Lefaso.net : A vous entendre, ce communiqué n’a porté aucun coup à vos affaires ?

M.S : Comme vous le dites, ce communique n’a porté aucun préjudice à nos affaires, bien au contraire. Cela nous a fait plus de publicité et amené davantages de clients. J’ai appris que lorsqu’ on veut critiquer quelque chose, il faut que la critique soit constructive. Sur des centaines de clients, on a eu trois personnes qui ont voulu se retirer du projet. Mais deux sont revenus après. Nous n’avons perdu qu’un seul client. Chacun sait là où se trouve son intérêt. Nous sommes dans une situation où les Burkinabè ont vraiment besoin de logement que ce soit vous, le ministère ou qui que ce soit qui l’apporte. Ils en veulent et il faut le leur donner.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui selon vous explique le communiqué du ministère de l’Urbanisme et de l’habitat ?

M.S : Je pense que des personnes mal intentionnées comme il en existe partout sont à l’origine de cet évènement malheureux. C’est le ministère de l’urbanisme et de l’habitat qui nous a invités au Burkina Faso et qui a voulu que nous initiions ce projet ici au Burkina Faso avec eux. Je ne peux rien spéculer, mais ce que je peux dire, c’est que j’ai vu ce ministère travailler très fort pour réussir le projet. Ce que j’ai vu dans leur cœur, ce n’était que de bonnes intentions.

Lefaso.net : Prévoyez-vous des actions en justice ?

M.S : Non. Nous n’avons eu aucun préjudice. Je vous le redis, ces choses ne peuvent pas nous affecter. Dans l’immobilier, à part le Seigneur, le nerf de la guerre, c’est l’argent. C’est ça qui vous fragilise et ça aussi qui vous renforce. Personnellement, nous avons la confiance des bailleurs qui nous financent. Je sers l’Afrique depuis huit ans. Je sers le Seigneur. Je ne crains pas la justice, je ne crains que la justice de l’Eternel.

Lefaso.net : Votre dernier mot ?

M.S : La plus grande raison qui nous a fait venir ici au Burkina Faso, c’est cet amour que le président Roch Marc Christian Kaboré a démontré pour son peuple. Nous, nous pouvons le constater dans le domaine de l’immobilier. Arriver au pouvoir et mettre rapidement sur pieds un plan quinquennal pour permettre aux Burkinabè d’accéder à un logement, c’est vraiment de l’amour pour son peuple. Il a compris que loger ses citoyens, c’est la base de toute chose surtout de la dignité. Et nous sommes fiers de lui.

Nous appelons les Burkinabè à saisir toutes les opportunités qui leurs sont offertes, d’acquérir un toit et de garder ainsi leur dignité.

Lefaso.net

Aux dernières nouvelles, le groupe s’est entretenu avec le ministère de l’urbanisme et de l’habitat qui lui a demandé d’arrêter ses activités en attendant l’agrément avant de poursuivre. Un proposition que le groupe dit avoir accepté. C’était mardi 28 mars.

Cet article a été en premier publié sur LeFaso.net

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires